
La culture coréenne séduit de plus en plus la jeunesse algérienne. Cet intérêt dépasse le simple effet de mode pour devenir un véritable pont culturel entre Alger et Séoul.
Par Souha Bahamid -Horizons Dz Le 30 Oct 2025
Les salles de cours de langue coréenne ne désemplissent pas, les soirées de K-pop sont très attendues et la découverte d’une gastronomie aux saveurs inédites s’invite à travers plusieurs restaurants asiatiques, notamment coréens. Cette curiosité croissante reflète l’ouverture d’une génération avide d’échanges et de nouvelles expériences venues d’Asie.
Des échanges officiels à la soif d’apprendre
En effet, les échanges humains se sont intensifiés ces dernières années, notamment à travers le programme Algeria Startup Exchange, lancé à l’initiative du président Abdelmadjid Tebboune. «Plus de 150 jeunes talents algériens du secteur des start-up ont eu l’opportunité de se rendre en Corée du Sud, les autres étudiants continuent eux aussi de se distinguer dans les universités coréennes grâce au programme de bourses GKS (Global Korea Scholarship)», a souligné You ki-jun, ambassadeur de Corée du sud en Algérie, à l’occasion de la Fête nationale de son pays.
Cette dynamique d’ouverture a également favorisé un autre rapprochement, celui du désir croissant des jeunes Algériens pour l’apprentissage de la langue coréenne. Pour certains, c’est une passion née des dramas et de la K-pop, pour d’autres, un choix stratégique qui ouvre la voie à des études ou à des opportunités professionnelles en Corée. Tel est le cas d’Abderahman Ahmed, 28 ans, qui raconte avoir commencé ses cours de langue coréenne, il y a près d’un an.
Une immersion par la langue et les saveurs
Chaque semaine, il s’exerce avec son professeur, afin d’améliorer progressivement son niveau. «J’ai toujours eu une sensibilité envers l’Asie. J’ai choisi le coréen car j’ai décroché un contrat d’un an dans une entreprise. Je ne pouvais pas laisser passer l’occasion de vivre cette nouvelle expérience qui m’ouvrira certainement des portes à l’avenir», confie-t-il.
Pour lui, cette démarche est aussi une façon de se rapprocher d’une culture qui l’a toujours intrigué et de préparer au mieux son immersion professionnelle et personnelle en Corée.
La gastronomie coréenne attire, elle aussi, des curieux qui n’hésitent pas à franchir les portes des restaurants asiatiques pour goûter le célèbre bibimbap, le kimchi fermenté ou les tteokbokki épicés, ces saveurs inédites séduisent de plus en plus de curieux qui aiment les expériences culinaires différentes. «La première fois que j’ai goûté le kimchi, j’ai été surprise par son côté piquant et acidulé, mais finalement, je m’y suis vite habituée», raconte Sarah Kara, étudiante de 22 ans, qui fréquente régulièrement un restaurant coréen au centre d’Alger avec ses amis. Pour elle, partager ces repas, c’est «voyager sans quitter la ville» et découvrir un pan essentiel de cette culture.
La K-pop, bien plus qu’une simple musique
Un autre aspect de la culture coréenne séduit la jeune génération, la K-pop. En effet, derrière l’écran des Smartphones, cette musique occupe une place centrale et dépasse le simple divertissement. En Algérie, beaucoup de jeunes apprennent seuls les chorégraphies qu’ils répètent dans leur chambre ou en petits groupes entre amis.
Certains se filment pour partager leurs vidéos sur les réseaux sociaux, d’autres se contentent de vivre cette passion comme un moment d’évasion. Lina, 19ans, étudiante en langue étrangère, confie que danser ou suivre de près les tendances de cette musique lui permet de voyager. «Quand je danse sur une chorégraphie de BTS ou de Twice, j’ai l’impression de voyager sans quitter ma chambre». «La K-pop est pour moi un langage universel qui me relie à des jeunes partout dans le monde, même si je pratique seule», affirme-t-elle. Pour Sofiane Akkouche, 18 ans, passionné de musique, l’expérience est aussi intime qu’épanouissante. «La K-pop m’a donné confiance en moi. Je n’ai jamais fait de grandes scènes, mais chanter et danser avec mes amis m’aide à m’exprimer. C’est une énergie positive qui me fait du bien», explique-t-il, avant de hocher la tête, signe évident qu’il apprécie l’air.